régime crudivore

Tenir un régime alimentaire : 6 grandes difficultés

La force d’une conviction ?

Avant, je pensais qu’il suffisait d’être complètement et totalement convaincue de la valeur et l’intérêt d’une action pour que celle-ci se matérialise dans ma vie. En fait, ce n’est pas toujours aussi simple. Et surtout en ce qui a trait à l’adoption d’un nouveau régime alimentaire.

Et si le choix du type d’alimentation que l’on adopte n’était pas qu’une question de conviction ? Et si c’était une décision qui s’exprime bien au-delà de la raison ? Pour ma part, je crois que oui. La preuve en est que, même dans le cas où une condition médicale grave nécessite un changement de régime, bien des personnes n’arrivent pas à faire cette transition alimentaire. Le cas du surplus pondéral en est un bon exemple.

En effet, les troubles de santé qui viennent avec l’embonpoint sont importants : troubles cardiovasculaires, diabète, hypertension, etc. Pourtant, combien connaissez-vous de gens qui doivent perdre du poids pour améliorer leur santé, parfois même pour rester en vie, et qui n’arrivent pas à faire ce changement ? Peut-être même, êtes-vous dans cette situation difficile. Non, la conviction des bienfaits qu’apporte une diète X ou Y ne garantie pas la transition vers celle-ci.

6 grandes difficultés à tenir un régime alimentaire

Tout d’abord, il y a peu d’habitudes ancrées aussi profondément en nous que celles qui touchent à ce que nous mangeons. C’est viscéral, et c’est le cas de le dire. L’alimentation est étroitement liée à notre culture, nos souvenirs, notre identité. Elle est liée à nos émotions profondes, fait partie de nous et de nos liens avec la société.

Nos choix alimentaires sont soumis à diverses influences, dont notre environnement, les orientations que veulent nous faire prendre une industrie puissante qui la domine et les médias de masse qui la publicisent. En changer ne se fait pas sans efforts, ni sans difficultés.

1. Les habitudes

Pour la plupart, notre nature nous pousse à rester dans le confort de nos « pantoufles alimentaires ». Cela s’explique en particulier par le fait que cuisiner un plat que nous connaissons demande moins d’énergie qu’un nouveau. En effet, pour chaque nouveau plat, il faut chercher la recette, la lire et la suivre méthodiquement. Il y a donc un effort supplémentaire à fournir.

2. Le manque de planification

Par ailleurs, si les menus ne sont pas organisés et planifiés, il est fort probable qu’au moment de préparer un repas, ce soit ceux dont nous connaissons bien chacune des étapes et que nous avons faits maintes fois, qui nous viennent à l’esprit.

L’organisation de repas demande un peu de temps, mais permet d’en gagner beaucoup par la suite. Cet effort en vaut largement le coût. Surtout que la mise en place d’une liste de menus simples et rapides respectant notre régime, est certainement un pas vers l’adoption à long terme de celui-ci.

3. Les odeurs de plats cuisinés

Ensuite, éléments liés à nos habitudes, mais surtout à nos émotions, les odeurs présentes dans notre environnement peuvent devenir des « traîtresses » lors d’un changement alimentaire. En effet, qui, à la simple odeur d’un plat cuisiné, ne s’est pas vu un jour retourner 20 ou 30 ans en arrière par la force de ses souvenirs olfactifs, rempli par des émotions du passé ? Qui, à l’odeur d’un pain qui cuit ou d’une bonne pâtisserie, ne s’est pas vu la dévorer malgré la volonté (de fer ?) de ne pas en manger ? Comment résister ? Les effluves qui viennent remplir notre esprit par des envies diverses, nous tirent souvent vers des choix qui vont à l’encontre d’une bonne santé.

Heureusement, il y aura toujours de bonnes odeurs qui seront nos alliées dans le nouveau régime. Mais, dans le cas d’une alimentation crudivore par exemple, les odeurs restent souvent plus subtiles que l’odeur de la cuisson. En fait, cette dernière produit des molécules olfactives plus puissantes et qui se diffusent plus aisément par la production de vapeur.

Il faudra donc être plus attentif lors de la consommation de nourriture crue pour prendre le temps de bien sentir avant d’avaler. En fait, faire ce que nous devrions toujours faire, prendre le temps de manger et d’apprécier, tout simplement.

De plus, la richesse des aliments natures et crus est extraordinaire, mais nos papilles ont subi l’assaut de nombreuses années de molécules chimiques dénaturantes et désensibilisantes. Aussi, l’utilisation d’aromates comme les épices et fines herbes sont une façon d’augmenter le goût et l’appétence des plats. Ce sera d’autant plus important au début de l’adoption d’un régime crudivore par exemple, puisque l’habitude ne jouera pas encore en notre faveur.

4. La présence d’aliments “malsains” dans la maison

Mais surtout, ce qui a probablement le plus d’impact dans la réussite ou non d’un régime alimentaire, c’est le choix des aliments présents dans notre environnement. En effet, il a été démontré que ce facteur a une incidence déterminante. Il est beaucoup plus facile de résister à un sac de croustilles lorsqu’il se trouve encore au magasin. Le fait de devoir sortir l’acheter quand on en ressent l’envie met une barrière favorable qui permet de ne pas craquer. À contrario, il y a beaucoup plus de risques de succomber à l’appel d’une boîte de biscuits lorsqu’elle se trouve dans le garde-manger plutôt qu’au supermarché.

Cela dit, certains contextes empêchent d’avoir un total contrôle sur la nourriture présente à la maison. En effet, la présence d’autres personnes ayant des habitudes alimentaires divergentes et n’ayant pas cette volonté d’en changer aura un impact très important, pouvant même aller jusqu’à l’abandon du régime.

D’ailleurs, cette situation est particulièrement problématique dans un couple où l’un des conjoints veut passer à un régime X (le crudivorisme par exemple 😉 ) et l’autre veut garder une alimentation conventionnelle. Car même dans le respect, la nourriture apportée et cuisinée par l’autre deviendra une source de tentation parfois irrésistible.

5. Contexte social

Mais, outre le contexte familial qui se limite à l’intérieur de la maison, l’impact des autres personnes qui gravitent autour n’est pas négligeable non plus. Les invitations de toutes sortes, rencontres familiales ou autres sorties où la nourriture est présente peuvent nuire à l’adoption de bonnes pratiques alimentaires.

Pourtant, il est important de ne pas se couper du monde. Garder contact avec ses proches est une nécessité. Bien que cela représente certainement de mettre en place des stratégies (que nous verrons dans un article ultérieur), il est tout à fait possible de garder une vie sociale épanouie et d’adopter un régime différent de ceux que l’on côtoie.

À noter que l’entourage et le contexte social plus global peut aussi avoir un impact positif. Une personne entourée par des proches dont l’alimentation est saine a toutes les chances de se faire influencer dans cette bonne direction. Il peut donc devenir intéressant de prendre contact avec ceux qui partagent nos visions alimentaires, ne serait-ce que virtuellement. Nous pouvons nous influencer mutuellement vers ce qu’il y a de mieux. C’est justement ce que j’espère que ce blog permettra de faire, sur La voie du cru… et bien au-delà.

6. Lutter contre les efforts d’une industrie puissante

Glissons un mot sur l’industrie agroalimentaire qui déploie des ressources importantes pour vendre des produits dénaturés et souvent toxiques. Bien sûr, lorsqu’il est question de toxicité, il faut toujours prendre en compte la notion de dose. En effet, le sucre n’est pas toxique en soi. Il le devient lorsqu’il est pris en trop grande quantité.

Et c’est sans parler des exhausteurs de goût chimiques tels l’aspartame et le glutamate qui nous poussent à manger des aliments mauvais pour la santé et que nous trouverions peut-être bien fades sans l’ajout de ceux-ci. Mais, ces molécules, qu’elles soient chimiques ou non, nous poussent souvent à consommer des « aliments » que nous devrions éviter. En fait, l’industrie a avantage à nous vendre des produits morts qui ne dépérissent pas. Cela diminue leurs pertes, augmentant du même coup leur profits.

Et même si ces produits sont mauvais pour la santé humaine, les médias de masse n’en feront pas trop de cas. Évidemment, ils sont tributaires des revenus publicitaires de cette industrie très puissante. À nous de savoir nous informer.

En conclusion, il apparaît clairement que la conviction qu’un régime alimentaire est le meilleur n’est pas suffisant pour garantir son adoption à long terme. Plusieurs difficultés seront rencontrées et il faudra utiliser diverses stratégies pour garder le cap.

Entre autre,  lutter contre nos propres habitudes d’avant régime, planifier des repas en accord avec nos choix et se tenir loin le plus possible des odeurs attirantes qui pourraient nous tirer en arrière. Il peut devenir nécessaire de faire le ménage des garde-mangers pour limiter les tentations, en ne gardant que les aliments sains. Il sera bon de communiquer clairement à notre entourage les raisons profondes qui nous poussent à suivre ce régime.

Choisir d’améliorer sa santé en adoptant un régime alimentaire sain, qu’il soit cru ou non, est un objectif noble qui ne peut qu’être respecté. À nous de nous en assurer. À nous aussi de rester conscients des intérêts gigantesques de l’industrie agroalimentaire et des médias qui la soutiennent afin de faire des choix éclairés vers une alimentation saine, voire, pourquoi pas crue.

Partager l'article :
  •  
  •  
  •  
  •   
  •  

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *